mardi 25 juillet 2017

Coaching et manipulations en politique.





J'ai choisi pour illustrer ce sujet la couverture du livre de Kevin Finel et Jean Dupré, qui présente avec beaucoup de finesse et de clarté, et d'une façon assez exhaustive les connaissances apportées par les neurosciences et les techniques qui permettent de coacher au mieux un personnage public.

Les auteurs restent dans le cadre de ce qu'ils considèrent comme "licite".

Un bon coach, maîtrise les mécanismes d'acquisition de l'information du public, et aussi les forces et les failles de l'homme public qu'il coache, et il utilisera les unes et les autres au bénéfice de l'image de celui-ci. Mais où est la limite ?

Mettre en avant les qualités d'un candidat c'est une chose, mais l'aider à dissimuler ses faiblesses coaching ou manipulation ?

Attirer l'attention des gens sur les points favorables à un candidat, c'est bien. Détourner l'attention des gens des points qui pourraient nuire à son image… communication ou manipulation ?

Force est de reconnaître que ces techniques sont omniprésentes et que la limite entre la com et la manipulation n'est jamais clairement établie.



Pensez-vous que les politiciens et leurs équipes nous manipulent ?




Si non… comment les américains auraient-ils élu un Donald Trump, pourtant convaincu de multiples mensonges par les "fake-checkers" à chacune de ses interventions.

Comment l'autre moitié des américains aurait voté pour une Hillary Clinton dont on ne comptait plus les casseroles.

Plus près de nous, nous avons fait émerger un Président de la République en lui accordant 24% des voix au premier tour… dont les 4/5èmes… acquis avant qu'il ait un programme !... sur quelle base ?



Trois Raison de penser qu'on est manipulé !
L   1) Le vote est un acte émotionnel, nous votons à l'affectif, très peu d'entre nous ont étudié les programmes, et encore moins ont les connaissances en économie, en géopolitique, ou en politique internationale pour évaluer la pertinence d'un candidat et de ses propositions.

2   2) La manipulation est efficace dès qu'elle agit sur des petites populations. Il a suffi à Marine LePen de moins de 2% d'électeurs pour éliminer François Fillon et J.L. Mélenchon aux dernières présidentielles. La plupart des élections se jouent à 48/48 et si vous en faîte basculer 1 à 2% de l'électorat, c'est gagné…

3   3) Les techniques existent et elles sont publiques (On imagine à tort des officines secrètes, des éminences grises) ! Il y a les techniques douces, "licites", utilisées aussi par les publicitaires  et très bien détaillées dans le livre en illustration. Mais elles sont parfois plus perverses plus brutales, dénoncées depuis longtemps (Marx, Chomsky…)… et enseignées à l'Université (MIT) et à l'ENA…



La manipulation fait partie de notre histoire :

Le suffrage universel, n'est pas un élément du concept de démocratie inventé par les Grecs ! Tocqueville ou Churchill en leur temps ont ironisé sur lui.

De Gaulle cultivait son personnage et gardait une main ferme sure l'audiovisuel. Pompidou se plaçait au-dessus de la mêlée. Giscard a introduit, avec une certaine lourdeur, quelques concepts souvent venus d'outre-Atlantique (exposition de l'épouse, accordéon, souper chez l'habitant…).

C'est Mitterrand  qui a fait rentrer la politique française dans la communication moderne. Faute de spin-doctor, il a utilisé un publicitaire (Jacques Séguéla… pas vraiment de gauche) et son acolyte (Jacques Pilhan adepte des neurosciences et de l'école de Palo-Alto), s'est fait coaché (et a réussi son débat de 1981) a travaillé son image, (La Force Tranquille !) et a utilisé les techniques en développement dans le domaine (images subliminales, diversions, etc…)

A partir du moment où la communication ne s'embarrasse plus de scrupules, elle utilise des méthodes plus ou moins sophistiquées pour manipuler :


La manipulation basique (basée sur le mensonge)

-      -   Les promesses de campagne (plus personne ne s'en étonne… !)

-      -    Les Fakes-news. Même quand elles sont rapidement et efficacement démenties, elles travaillent. Au moment où Fillon a été attaqué par les affaires, son équipe craignait plus l'hémorragie vers le camp Macron, en vogue, que vers le camp LePen, saturé. Un bruit bien opportun laissant entendre que E. Macron était homosexuel a retenu les membres de cette droite conservatrice de se ranger derrière un homo… suffisamment longtemps pour que le camp Fillon reprenne du poil de la bête.

-       -   L'utilisation tendancieuse de la vérité. Si il est évident que F. Fillon n'a pas fait preuve d'une moralité exemplaire dans l'affaire du Pénélope Gate, c'est le traitement médiatico-judiciaire très partial qui a fait des ravages (voir post du 27 mars 2017 : "Manipulations")

-      -   Mensonge simple et culotté (voir post du 25 avril 20107 : Les Lepen et les gogos)

-      -   Le mensonge travaillé (voir le même post du 25 avril dernier). Le plus souvent il repose sur une affirmation à laquelle on donne l'apparence de l'évidence et que seul un raisonnement compliqué (et non préparé par l'adversaire) permettrait de contredire.


La manipulation Technique

On aborde là les techniques plus structurées développées au fil du temps par les chercheurs en sociologie et en neurosciences. On peut noter parmi elles :

-       -   Le Problème-Réaction-Solution ou le politicien se pose en sauveur d'un faux problème (voir poste du 25 avril)

-     -     Les Distractions ou opération de grande envergure qui focalise l'attention… et la détourne d'une réalité moins prometteuse (débat sur la peine de mort ou sur le mariage gay…)
-    - et une bonne dizaine d'autre dument répertoriées...



La manipulation sournoise et souvent technologique.

On ne compte plus les politiciens qui se sont fait piéger par la caméra (et le micro) d'un smartphone !

Encore un peu et on exigera d'eux qu'ils soient dans la vie privée comme ils le montrent en public ! Sans compter que l'appareil est un outil de diffusion ultra rapide et efficace !

Mais ce sont surtout les réseaux sociaux et tous les collecteurs de données qui sont le premier outil de communication de notre époque. Il faudra bien que le public se demande pourquoi les sociétés les plus riches du monde (Google, Facebook…) sont arrivées à ce résultat en vendant des produits gratuits !... Tout simplement parce que leur marchandise réelle est la somme considérable de données qu'ils collectent sur leur cible : nous !

Et ces données sont utilisées par les sociétés commerciales (et tous ceux qui veulent nous influencer) pour connaître nos réactions à chaque évènements. C'est la technique du Shock-testing développée par les Américains dans les années 50… Il est alors très simple de créer les évènements et l'information dont nous disposons, et ainsi nous faire réagir dans le sens désiré. C'est un peu comme créer un attentat pour nous faire pencher vers les partisans du tout sécuritaire, mais multiplié à l'infini… 


Que ceux qui achètent une marque spécifique de yaourt ou d'eau de source avec conviction s'interrogent sur les  raisons profondes de ces convictions… et de leurs convictions politiques.

mardi 25 avril 2017

Les Lepen et les Gogos.




Ça ne vous a peut-être pas frappé mais le deuxième débat (celui à 11, du 4 avril) nous a offert quelques archétypes de communication en politique. Ceux qui ont suivi  ce débat ont entendu à plusieurs reprises Marine Lepen se plaindre d'être désavantagée dans ce débat. Et pourtant, au final, c'est elle qui bénéficié du plus long temps de parole. C'est la seule à avoir dépassé les 19 minutes… Autrement dit, la plus favorisée n'a pas arrêté de se plaindre… 
Et ça marche ! Interrogez n'importe quel militant FN et il vous assurera que sa candidate a été défavorisée par les médias, et il n'aura aucune idée des chiffres… et cela accentuera l'idée que le "système" veut l'empêcher de parler, qu'elle dévoilerait des vérités qui dérangent !

La communication est déterminante !

Depuis longtemps je défends l'idée (difficile à accepter mais évidente) que le vote est un acte affectif, émotionnel et non rationnel. Sinon comment expliquer que les américains aient élu un Trump pourtant convaincu de mensonges - souvent énormes -  à chacune de ses interventions... (ou que les démocrates aient élu sa rivale truffée de casseroles !). En France c'est pareil ! Sinon comment Emmanuel Macron aurait-il eu des électeurs et des intentions de votes… avant d'avoir un programme ! Et c'est vrai pour tous les autres, ce qu'inspire leur personnage a plus de poids que leur crédibilité.

La plupart des gens votent sans connaître le programme de leur candidat. Certains n'en connaissent qu'une ou deux lignes marquantes, et très peux sont en mesure de comprendre la portée réelle et le réalisme ou la crédibilité de ces mesures. Ecoutez les arguments des militants lors des reportages : "c'est quelqu'un de bien, lui au moins ; il n'a pas d'affaires au cul ; moi je crois en lui ; les autres c'est pas possible…". Jamais ou presque une position de fond.
Churchill, qui n'était pas réputé pour son sens des nuances, avait une phrase lapidaire pour dénoncer cette ambiguïté du suffrage universel :
«La meilleure critique de la démocratie est un entretien de cinq minutes avec un électeur moyen»

Dans ce contexte un coup de bluff comme celui de Marine Lepen, aussi grossier soit-il, interpelle.

Dans mon livre "2017, l'illusion démocratique" je montre que le premier à avoir compris l'importance et les grands principes de la communication en politique  aura été François Mitterrand. C'est aussi le premier à avoir mis en pratique les méthodes classiques de manipulation enseignés dès cette époque-là dans certaines universités américaines.

La méthode Lepen

Rien d'aussi sophistiqué dans la méthode Lepen, mais le père et la fille utilisent à fond, un seul artifice, toujours le même. La technique consiste à affirmer avec véhémence comme une évidence, quelque chose que leurs interlocuteurs auront des difficultés à contrecarrer dans l'immédiat (difficile de brandir le bilan final des temps de parole… en cours d'émission).
L'émission "Arrêt sur image"  avait, du temps où elle était diffusée à la télé, mis en évidence cette technique. Le père Lepen pouvait affirmer dans une même tirade : que la France avait un déficit croissant (ce qui est vrai), que notre industrie perdait son rang mondial (ce qui est vrai) et que les étrangers étaient responsables du chômage (ce qui est faux : voir mon post "l'immigration… pour les nuls"). Trois affirmations anxiogènes auxquelles on ne peut répondre que par une longue démonstration chiffrée, forcement beaucoup moins percutante. L'évidence des deux premières amène l'acceptation de la troisième… surtout si on n'a pas la patience, les outils ou la culture d'aller vérifier par soi-même. Mais le principe est de faire appel à l'émotionnel plutôt qu'à la réflexion.

Pas étonnant dans ce contexte que cette argumentation mensongère porte essentiellement sur le public le moins éduqué (encore une fois, le Front National est le parti dont l'électorat a le moins haut niveau d'éducation…), et donc le moins apte à analyser et donc le plus crédule… De Montaigne à Mandela, ils sont  nombreux à l'avoir souligné que c'est l'éducation qui permets aux peuples de s'émanciper, le FN l'a bien compris et le met en pratique… à sa façon

Mais au-delà de ce moyen relativement basique, un tel stratagème,  c'est aussi appliquer une des grandes méthodes de manipulation en politique, telle qu'elle a été largement en son temps dénoncée par Noam Chomsky et enseignée dans les écoles et universités qui font de la communication politique, appelée le PRS, "problème-réaction-solution". On crée un problème (fictif), pour susciter une réaction émotionnelle (le plus souvent la peur), et on se présente comme la solution (ce qui est d'autant plus facile que le problème est fictif !), et on se présente comme "la seule solution" !
Quand on est au pouvoir on met en place une pseudo solution de préférence spectaculaire (comme le raccompagnement à la frontière de quelques malheureux menottés)…
Ça peut le faire aussi avec un problème réel dont la solution a déjà été mise en œuvre par d'autres. Comme par exemple alerter sur les pesticides quand l'Europe a déjà pris des mesures, et puis inviter les caméras à vous filmer en train d'enlever trois aérosols des rayons d'une supérette… (mais il faut mieux bien penser son coup sous peine de sombrer dans le ridicule…).
Nicolas Sarkozy, Manuel Vals, Ségolène Royale ont eux aussi beaucoup utilisé cette méthode. Par exemple quand… (à vous de faire un petit effort de mémoire maintenant)


vendredi 7 avril 2017

Et le deuxième tour de la présidentielle sera…



Un deuxième tour Macron-Mélenchon… ça vous paraît improbable ? Je ne joue pas à Madame Irma, mais certaines réalités bien concrètes donnent à réfléchir…

La bascule des favoris et des stratégies

Au début, C'est Marine Le Pen qui était favorite, et ça arrangeait bien les autres, les "gros" candidats, ceux qui pensent avoir une chance d'être élus. Comme aucun d'entre eux n'est enthousiasmant et n'est susceptible de réunir sur son nom ne serait-ce qu'un quart des voix, ils espéraient tous que, face à des rivaux aussi impopulaires qu'eux, leur petit électorat serait suffisant pour être au second tour face à elle, et que le "sursaut républicain" les porterait vaille que vaille au pouvoir. L'ennemi n'était donc pas la favorite, mais le potentiel second. C'était l'époque du "tous contre Macron", celle du premier débat à 5.

Seulement  voilà, les attaques (parfois pertinente mais souvent sordides) contre Emmanuel Macron par des adversaires peu crédibles, n'ont pas porté. Son programme est parfois discutable et sent un peu l'improvisation mais il est brillant (et l'a encore démontré hier soir), charismatique et le flot de ralliement qu'il récupère montre, à défaut d'une vraie majorité, qu'il est jugé (le plus) crédible par ses pairs.

En même temps, Marine Le Pen, donnée à plus de 30% il y a quelques mois, perd du terrain. Son programme est inconsistant (voir mon post du 29 mars dernier), elle se montre peu performante dans les débats et les interviews, son argumentation se réduit souvent à hausser le ton, ironiser ou affirmer avec arrogance, ce qui plait à son noyau dur (majoritairement composé des classes les moins éduquées de la population) mais peine à séduire au-delà. Et surtout les "affaires" montrent un parti magouilleur, loin de l'alternative "mains propres" pour laquelle il a voulu se faire passer.

Du coup progressivement la hiérarchie s'inverse. Les différents candidats n'ayant pas pu contenir Emmanuel Macron, doivent maintenant attaquer Marine Le Pen s'ils veulent espérer une place au soleil (au second tour). Et le "tous contre Macron" du premier débat, est devenu le "tous contre Le Pen" au deuxième débat. Dans un même temps, la justice – objective et au dessus de tous soupçons ? – accélère les procédures contre le FN et en redécouvre d'autres (voir mon post du 27 mars dernier sur la manipulation). Il y a peu de chance que ce mouvement s'inverse…

Pendant ce temps Mélenchon grappille. Il n'a pas de concurrent sérieux à gauche. Benoit Hamon en délicatesse avec la majorité de son parti perd en crédibilité à mesure que les sondages entérinent son échec. Comme Jean Luc Mélenchon refrène son côté "grande gueule qui veut faire le buzz par son agressivité", il gagne en crédibilité. La déconsidération de nos hommes politiques rejaillissant sur la 5ème république, sont projet de 6ème peut paraître à certains plus porteur d'espoirs que les solutions éculées de ses concurrents.
Fillon a su se maintenir à flot malgré les "affaires", mais son argumentation est épuisée, il n'a plus de marge de progression.

Autrement dit, une évolution probable à attendre dans ces prochaines semaines est de voir Mélenchon et Le Pen se rapprocher des 20%, l'un en montant, l'autre en descendant. Jusqu'à se croiser ?

Le poids des indécis

Cela contredit les prédictions de Serge GALAM (chercheur au CNRS,) qui voit la victoire possible de Marine Le Pen, mais sa théorie mathématique est intéressante dans la mesure où elle différentie les intentions de votes fermes et les "hésitantes" particulièrement nombreuses dans ce contexte-ci. Il est vrai que c'est Marine Le Pen qui a le plus gros noyau dur et le plus d'intentions fermes, mais ce noyau seul ne suffit pas à lui assurer une présence au deuxième tour.

N'oublions pas qu'il y a des moyens bien plus discrets et plus subtils de manipuler une élection que d'utiliser une justice peu sourcilleuse à des fins partisanes, que plus il y a d'indécis plus ces méthodes sont efficaces. Et que c'est dans les quelques jours qui précèdent une élection que certaines de ces méthodes sont les plus puissantes. Alors soyez observateurs. si vous voulez en savoir plus sur le sujet, il y a toujours mon livre "2017, l'illusion démocratique" présenté à côté...


mercredi 29 mars 2017

Et si on s'informait avant de voter ?




Rarement des élections présidentielles ont donné lieu à un tel scénario et l'impopularité et le manque de crédibilité des quatre candidats issus de gouvernements précédents peut inciter certains à se tourner vers le Front National… Pertinent ?

Contrairement à ce que la démocratie suppose, le vote est un acte essentiellement émotionnel donc manipulable. Comme je le décrivais dans mon livre "2017, l'illusion démocratique", et comme le confirment l'élection d'un Trump aux Etats-Unis ou le résultat du référendum sur le Brexit, intervenus après l'écriture de ce livre, la majorité de ceux qui déposent un bulletin dans l'urne ne connaissent pas ou n'ont pas pris la peine de mesurer le réalisme ou les conséquences pratiques de leur vote. Ils ne connaissent au mieux qu'approximativement les grandes lignes du programme de leur candidat et s'accommodent même d'une absence de programme comme en témoigne les deux exemples ci-dessus mais aussi le succès d'Emmanuel Macron… bien avant qu'il n'ait un programme !

Et pour ce qui est du FN, ses électeurs potentiels évoquent deux idées fortes :

Economiquement il prône, le protectionnisme, le repli sur soi et le rejet de l'Europe… Cette perspective est jugée irréaliste et dangereuse par la plupart des économistes crédibles. Le Front National objecte que ces économistes sont issus du système qu'ils contribuent d'une certaine façon à faire survivre…
Pour un électeur qui n'est pas économiste, il est possible de consulter les livres d'histoire. Et là le résultat est sans appel. Tous les états qui ont procédé à un repli sur eux-mêmes se sont effondrés économiquement, à commencer par la grande URSS, aussi puissante était-elle. Seul, contre le reste du monde... la concurrence n'est jamais égale, surtout quand – comme la France – on est dépendante de l'extérieur pour ses ressources de base (minières par exemple). A contrario, les états les plus prospères, le sont grâce à leur ouverture vers l'extérieur… même abusive voir impérialiste comme les Etats-Unis. La Chine elle-même a été obligée de s'ouvrir pour assurer sa croissance, même avec des garde-fous
Quant à l'Europe, la plupart des observateurs s'accordent pour lui reconnaitre des défauts et il parait nécessaire de la faire évoluer vers une Europe plus citoyenne et moins technocratique. Mais souligner ses défauts ne valide pas la possibilité de s'en passer.

La deuxième idée forte est la xénophobie, et la calamité que représenterait l'afflux d'étrangers chez nous. Et là, les chiffres contredisent complétement les affirmations du FN (voire mon post du 3 mars dernier : "l'immigration pour les nuls"). Non seulement l'afflux reste modéré, mais les pays recevant le plus de réfugiés sont clairement ceux qui ont une plus forte croissance et le plus bas taux de chômage… Le FN tend à créer une peur de l'étranger pour justifier ses positions et une certaine population croit naïvement à ces mensonges... Il est d'ailleurs remarquable de constater qu'avec cette argumentation le FN fait ses meilleurs scores dans des zones reculées qui n'ont jamais vu un immigré !

Et puis ces mêmes électeurs partagent avec d'autres une lassitude des partis en place, jugés incompétents et corrompus. Mais alors pourquoi vouloir mettre au pouvoir le parti le plus englué dans des malversations en tout genre ?

Qu'est-ce qui fait croire aux électeurs  du FN que ses dirigeants sans expérience vont réussir avec des théories économiques qui ont toujours échoué ?
Pourquoi ces électeurs de Marine Le Pen préfèrent croire le discours aberrant du FN sur l'immigration plutôt que de s'informer sur la réalité des chiffres ?
Qu'est-ce qui peut leur faire imaginer que ce parti qui a toujours vécu de magouilles, va – une fois au pouvoir – devenir le Monsieur propre de la classe politique ?

La réponse tient peut-être dans cet article de l'Express

"Moins on est  instruit, plus on vote FN"

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/moins-on-est-eduque-plus-on-vote-fn_1100733.html